Le 13 octobre, c’est la Journée internationale du langage clair. Nous la célébrons avec un carrousel qui met en scène trois tournures courantes et leurs équivalents plus directs. L’occasion de revenir sur ce que recouvre le langage clair, et sur les bénéfices qu’en tirent les lecteurs comme les organisations.
Cette journée trouve son origine aux États-Unis, où le Plain Writing Act a été signé le 13 octobre 2010. Ce texte impose aux administrations fédérales de rédiger leurs documents de façon claire et compréhensible. Les professionnels du langage clair ont depuis fait de cette date un rendez-vous international, l’occasion de rappeler qu’une information n’a de valeur que si son lecteur peut la comprendre et l’utiliser. Cette année, nous avons choisi un ton léger : trois conversations imaginaires, où des tournures administratives cèdent la place à des mots plus simples.





Des tournures qui font attendre le lecteur
« Dans le cadre de », « procéder à la vérification », « dans l’éventualité où » : ces formules sont si fréquentes dans les écrits professionnels qu’on ne les remarque plus. Elles ont pourtant un défaut commun. Elles retardent l’information. La première repousse le sujet de la phrase, la deuxième enferme l’action dans un nom et la fait porter par un verbe sans contenu, la troisième accumule les précautions avant d’arriver à la condition elle-même.
Les équivalents proposés dans le carrousel (« pour », « vérifier », « si ») disent la même chose avec moins de mots. La phrase gagne en netteté sans perdre en précision. Multipliées à l’échelle d’un courrier ou d’un guide, ces corrections changent sensiblement l’effort demandé au lecteur.
Une définition internationale depuis 2023
Le langage clair dispose depuis 2023 d’une norme internationale, l’ISO 24495-1. Elle le définit à partir de l’expérience du lecteur : une communication est claire lorsque ses destinataires trouvent facilement l’information dont ils ont besoin, la comprennent et peuvent s’en servir.
Cette définition dépasse largement la question du vocabulaire. Elle porte aussi sur la structure du document, l’ordre des informations, les titres et la mise en page. Une lettre aux phrases irréprochables reste difficile à utiliser si la date limite ou la démarche à accomplir n’apparaît qu’au troisième paragraphe. C’est pourquoi nos interventions commencent toujours par une question simple : que doit faire le lecteur après avoir lu ce texte ?
Un enjeu d’accès à l’information
En France, 28 % des adultes ont un faible niveau en compréhension de l’écrit, contre 22 % dix ans plus tôt, selon la dernière enquête PIAAC de l’OCDE. Pour ces lecteurs, un courrier administratif dense peut représenter un véritable obstacle à l’exercice de leurs droits.
Les difficultés de lecture ne se limitent pas à ces publics. Un lecteur à l’aise avec l’écrit peut lui aussi décrocher face à un texte long, lu sur un téléphone ou dans un moment d’inquiétude. Écrire clairement permet de toucher l’ensemble des destinataires, quels que soient leur niveau et les conditions dans lesquelles ils lisent.
Des bénéfices mesurés, pour les lecteurs comme pour les organisations
Les effets du langage clair ont fait l’objet de nombreuses études. Le juriste américain Joseph Kimble en a rassemblé une soixantaine, conduites dans une dizaine de pays. Leurs conclusions convergent : les lecteurs, y compris les juges et les avocats, préfèrent le langage clair, le comprennent mieux, l’utilisent plus rapidement, suivent plus volontiers ses consignes et sont beaucoup plus enclins à le lire.
Pour les organisations, ces effets se traduisent en gains concrets : moins d’appels clients pour comprendre un courrier, moins de dossiers incomplets à traiter, moins de réclamations. La clarté renforce aussi la confiance, ce qui compte particulièrement pour les services publics, les assureurs ou les banques.
Vous souhaitez faire évoluer vos écrits ? Nous serons heureux d’en discuter avec vous.
Pour aller plus loin
- Norme ISO 24495-1:2023, Langage clair, Partie 1 : principes et lignes directrices
- OCDE, Survey of Adult Skills (PIAAC), résultats publiés en décembre 2024
- Joseph Kimble, Writing for Dollars, Writing to Please, Carolina Academic Press, 2e édition


