Communication accessible : le langage pour tous

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Communiquer afin d’être compris, c’est notre métier de communicant. Mais nous n’avons pas toujours conscience que, lorsqu’on s’adresse à un public large, au « grand » public, les disparités de compréhension peuvent être significatives. Ce n’est pas le tout de savoir lire, encore faut-il pouvoir comprendre.

C’est ce que traduit la notion de littéracie, que l’OCDE définit comme « la capacité de comprendre, d’évaluer, d’utiliser et de s’engager dans des textes écrits pour participer à la société, accomplir ses objectifs et développer ses connaissances et son potentiel ». L’OCDE a d’ailleurs mesuré le niveau de compétences des adultes en la matière via le PIAAC (Programme for the International Assessment of Adult Competencies), en français la Documentation sur l’Évaluation des compétences des adultes. L’enquête classe en 5 catégories les capacités des adultes à lire, comprendre, interpréter et utiliser un texte écrit. Du niveau 1 (compréhension de textes courts et syntaxiquement simple ; détection d’une information littérale) au niveau 5 (capacité d’analyser et comprendre un texte complexe, les sous-jacents, distinguer l’essentiel du détail, déduire un message à partir d’un faisceau d’informations distinctes). 

 

Rendre l’information accessible à tous les publics

Il est bon de garder en tête que selon l’enquête de 2012, 22% de la population française disposait « au mieux » du plus bas niveau de compréhension d’un texte. A l’autre bout du spectre, seuls 0,3% de la population sont recensés niveau 5, et 7,4% niveau 4… ce qui situe la France en-deçà de la moyenne des pays de l’OCDE. Et nettement en-dessous des Etats-Unis (0,8% et 12,1%) et à des années-lumière de la Finlande (2,2% et 20%) ou du Japon (1,2% et 21,4%). Cette enquête a également eu le mérite de mettre en avant le fait que l’écriture et la lecture sont au cœur des pratiques professionnelles de près de 9 personnes sur 10 au sein des pays de l’OCDE. Et nul doute que la nouvelle enquête actuellement en cours verra les chiffres largement augmentés, avec l’évolution des métiers et la digitalisation qui s’est opérée partout entre 2012 et aujourd’hui.

 

Proposer une information lisible pour tous, accessible à tous les publics, est un enjeu qu’on mesure parfois mal en tant que communicant ou journaliste. Car nous avons eu la chance de faire des études, et/ou de côtoyer des gens instruits, bref de nous forger un savoir-faire en matière de littéracie. Ce qui n’est, on l’a vu, pas le cas d’une partie des lecteurs que nous cherchons à toucher avec nos écrits. Ne parlons même pas de ceux pour qui le français est une langue étrangère. Avez-vous déjà essayé de remplir un formulaire d’admission à l’hôpital par exemple, dans un pays dont vous ne parlez qu’approximativement la langue ? Et quelles sont les difficultés rencontrées par les personnes en situation de handicap ? La lisibilité du message est alors encore plus cruciale.

 

Evidemment, l’accessibilité de l’information ne dépend pas seulement de la clarté de la langue. Elle dépend en premier lieu de la capacité de chacun à pouvoir accéder concrètement à l’information. Or l’accessibilité de l’information se fait via internet de plus en plus souvent, et cela reste une source de complexité pour certaines personnes encore éloignées du numérique par manque de matériel, manque de connaissance ou tout simplement impossibilité d’accès physique au réseau. Mais c’est un autre sujet… que nous ne prétendons pas pouvoir adresser.

 

Avant d’écrire… penser à son lecteur

Cela parait tout bête, mais on se rend compte que beaucoup oublient cette règle toute simple : avant de concevoir un message et de rédiger un contenu, pensez à une ou plusieurs personnes que vous croisez dans votre quotidien, qui n’appartiennent pas à votre univers professionnel. Cela peut être votre boulangère, un cousin, votre voisine… mettez-vous à leur place et demandez-vous ce qu’ils peuvent comprendre, et l’information qu’ils aimeraient obtenir sur le sujet que vous traitez. En clair, imaginez votre public-cible, en le personnifiant. Et essayez de prendre de la distance par rapport à votre expertise pour adopter un regard extérieur. Ainsi vous pallierez au biais cognitif qu’on appelle la « malédiction de la connaissance » ou malédiction du savoir. Ce travers qui tend à nous faire penser que puisqu’on connait très bien telle ou telle notion, tout le monde la connait aussi bien que nous.

Pour aller plus loin : tout comprendre sur la technique rédactionnelle dite du langage clair.

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